Classique de la littérature russe : Crimes et Châtiments de Dostoïevski

Classique de la littérature russe : Crimes et Châtiments de Dostoïevski

Classique de la littérature russe : Crimes et Châtiments de Dostoïevski

Véritable classique de la littérature russe, ce roman du désormais légendaire Fiodor Dostoïevski est reconnu comme un pilier de la philosophie nietzschéenne et un modèle pour tout auteur de romans psychologiques qui aspire à voir son œuvre sur les tablettes des libraires du monde entier.

Dostoïevski : Toute la complexité de l’homme en quelques lignes

Né en 1821, il connut une enfance pour le moins difficile et grandit en lisant Goethe, Shakespeare et Victor Hugo. Adolescent, il fréquente les milieux progressistes et ses aspirations politiques le mèneront en prison en 1849. Condamné à mort, Dostoïevski est finalement déporté en Sibérie où il purge sa peine pendant 4 ans avant de revenir à Saint-Pétersbourg.

En 1859, criblé par les dettes et victime de son caractère sombre et instable, il décide de se consacrer entièrement à la littérature pour peut-être aspirer à une existence plus confortable. Vivant dans l’errance à travers l’Europe, il perd sa foi en le socialisme et devient un patriote convaincu et un ardent défenseur du peuple russe, allant jusqu’à baigner dans les courants slavophiles.

En dehors de ses convictions sociales et politiques, Dostoïevski publiera trois œuvres classiques majeures de la littérature russe : les frères Karamazov, l’Idiot et Crime et Châtiment, qui fait l’objet du présent article.

Après une vie pour le moins mouvementée, il meurt d’une hémorragie en 1881.

Les tortures de la conscience : Le cœur de ce classique de la littérature russe

Roman fort complexe et dense, Crime et Châtiment n’est pas un livre qu’on parcourt légèrement ou qu’on garde comme lecture de chevet : c’est une œuvre dense, complexe, mettant en scène un nombre incalculable de personnages et la plupart du temps, le lecteur aura le malheur de s’égarer parmi la faune hétéroclite des acteurs de ce récit pourtant très simple. Les descriptions de Dostoïevski sont souvent longues et détaillées et c’est donc avec acharnement que vous devrez parfois persévérer jusqu’à la fin d’un chapitre avant de pouvoir souffler un peu.

Dans Crime et Châtiment, Fiodor Dostoïevski réussit là où la majorité des auteurs d’hier à aujourd’hui auraient lamentablement échoué. C’est d’une main de maître que le romancier russe, responsable de certains des plus grands classiques de la littérature russe, nous plonge directement au cœur des tortures de conscience d’un jeune étudiant sans histoire qui, pour prouver une théorie similaire à celle du Surhomme, que Nietzsche abordera quelques années plus tard, commet un délit qui va à l’encontre de la morale humaine elle-même.

Déchiré par le remord, la honte et la crainte de se faire prendre, Raskolnikov est aussi tiraillé entre des sentiments d’une force inouïe : d’une part, l’affection qu’il a pour sa mère et sa sœur, et d’autre part, le respect et l’amour quasi platonique qu’il ressent pour Sonya, une jeune femme forcée de se prostituer pour nourrir ses parents et ses frères et sœurs. Perdant la raison à de multiples occasions, l’étudiant vivra misérablement en proie à des remords et regrets pour ce geste ignoble qu’il a commis et c’est l’ensemble de ce dilemme complexe que le lecteur est amené à vivre avec le jeune Raskolnikov.

Une question à garder en tête pendant la lecture de ce classique de la littérature russe

Pour bien apprécier Crime et Châtiment, vous devrez tenter de vous servir du récit de Dostoïevski pour répondre à la question suivante : un homme important peut-il commettre un geste malsain et ignoble à l’endroit d’autrui s’il a la certitude que les retombées de son geste seront bénéfiques pour l’ensemble de l’humanité ou du moins d’une large collectivité ?

Mon appréciation

Ardu, frustrant par moment et très lourd, Crime et Châtiment est cependant une œuvre magnifique et intemporelle sur la morale, les détours de conscience, la culpabilité et la rédemption. Comme tous les romans de Dostoïevski, vous aurez certainement une relation d’amour/haine avec ce classique de la littérature russe, mais vous serez bien content de l’avoir achevée une fois la dernière page tournée.

Bonne lecture, et surtout, bon courage !

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