Revue littéraire : « Réparer les vivants » de Maylis de Kerangal

Revue littéraire : « Réparer les vivants » de Maylis de Kerangal

Revue littéraire : « Réparer les vivants » de Maylis de Kerangal

Réparer les vivants est un roman de Maylis de Kerangal publié en janvier 2014 : cette auteure française a déjà écrit des romans mettant en scène des adolescents, comme Corniche Kennedy. Réparer les vivants a obtenu le Grand Prix RTL, le Prix Orange du Livre et le Prix des lecteurs de L’Express – BFM TV, entre autres récompenses.

C’est l’objet de ma nouvelle revue littéraire !

Un beau roman sur la perte d’un être cher

On voit l’incident arriver dès le début du roman : un jeune homme parti surfer avec des amis a un accident de voiture qui blesse légèrement ses amis mais le place lui en mort cérébrale. Sa mère est immédiatement prévenue, qui informe à son tour le père du jeune garçon et le deuil et l’incompréhension deviennent le sujet principal du livre.

La douleur des parents est terrible et on pense ensuite à sa petite amie, à ses amis, à sa petite sœur. Réparer les vivants est construit presque comme un film choral dans lequel on suit les points de vue des différents personnages, sans forcément rentrer dans leur esprit mais en voyant l’histoire de la façon dont ils l’apprennent et la vivent ensuite. C’est certainement l’aspect qui m’a le plus plu dans ce livre car on a ainsi toutes les facettes de l’histoire.

La réaction des proches est très difficile et on se met facilement à la place des parents qui suivent les étapes du deuil, de l’incompréhension à la colère en passant par une sorte de déni. Ce dernier aspect vient surtout du fait que la mort est cérébrale et que le corps semble encore vivant. Et c’est dans ce contexte, environ à mi-chemin du roman, que le sujet central prend place : le don d’organes.

Réparer les vivants : une discussion nécessaire sur le don d’organes

Je pense que ce livre est d’utilité publique afin de mieux comprendre les différents points de vue au sujet du don d’organes. Le roman compare la vision du docteur responsable du prélèvement, qui doit demander l’autorisation auprès des parents, celle des parents et enfin celles des autres docteurs et futurs receveurs concernés.

Très favorable au don d’organes, j’ai toujours considéré évident que j’accepterais le don d’organes pour mes proches comme je souhaite que ça soit fait pour moi si besoin. Mais la délicatesse de la situation du docteur ayant à demander leur autorisation aux parents est magnifiquement racontée par l’auteure et l’on a un peu de peine pour toutes les personnes concernées car rien n’est facile face à une telle situation.

La quatrième de couverture parlant du voyage du cœur de Simon m’avait déjà donné des indices sur l’issue de la conversation avec les parents, mais j’ai gardé pendant de longues pages une sorte de suspense, d’attente et de pression. Réparer les vivants envisage l’impossible, la perte d’un enfant, pour évoquer ce dont on ne parle jamais : les réactions du corps médical, les interactions entre professions, les protocoles derrière le don d’organes…

Réparer les vivants est un roman difficile et beau, qui n’est pas un cadeau joyeux mais qui devrait pourtant figurer au panthéon des livres à lire une fois dans sa vie. Il a d’ailleurs récemment été adapté au cinéma, donc les fainéants de la lecture n’ont aucune excuse !

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